Paul Bloom : “Les racistes sont en général des gens très empathiques”
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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le psychologue américain Paul Bloom livre ici cinq arguments choc à l’appui de sa thèse développée dans un essai polémique et inédit en France, Contre l’empathie.
Votre reprochez à l’empathie de s’exprimer plus spontanément vis-à-vis des gens qui nous ressemblent. Est-ce démontré ?
Paul Bloom : Je voudrais préciser en préambule que je n’ai rien contre la bonté, la gentillesse ou l’altruisme. L’empathie, c’est la capacité à se mettre à la place d’autrui ou à ressentir la souffrance de l’autre. Il y a un certain nombre d’expériences en psychologie qui montrent que nous avons davantage d’empathie pour les gens qui nous ressemblent, qui ont la même couleur de peau que nous, qui sont proches de nous, qui habitent notre ville ou notre pays, qui sont attirants et non repoussants. L’empathie permet donc de nouer des contacts étroits entre les gens, mais seulement à l’intérieur d’un groupe donné. Elle s’exprime beaucoup moins envers les étrangers, les migrants ou les SDF.