International

Georgina Stewart : “Les dommages philosophiques et intellectuels causés aux Maoris ne sont pas reconnus”

Temps de lecture : 4 min

Sculpture māorie.

Sculpture māorie. © Rafael Ben-Ari/Newscom/Chameleons Eye/Newscom/Sipa

Cet article est réservé aux abonnés.

Renommer la Nouvelle-Zélande de son nom indigène, Aotearoa ? C’est ce que propose le Parti māori. Éclairage avec la philosophe Georgina Stewart, autrice de Māori Philosophy. Indigenous Thinking from Aotearoa (Bloomsbury Academic, 2020 ; non traduit).

 

Le Parti māori néozélandais réclame que le pays soit renommé d’après son nom indigène, Aotearoa. Qu’en pensez-vous ?

Georgina Stewart : C’est déjà une pratique courante que d’utiliser « Aotearoa New Zealand » comme nom du pays pour ceux qui, comme moi, veulent faire droit aux idées de « biculturalisme » et de « bilinguisme » dans le contexte local qui est le nôtre. Remplacer simplement Nouvelle-Zélande par Aotearoa permet, sans doute, de remettre en lumière l’identité māorie. Mais utiliser à la fois les versions māorie et anglaise, c’est reconnaître et nommer la base biculturelle de la société, fondée sur Te Tiriti o Waitangi (le traité de Waitangi, 1840). Je suis favorable à l’emploi conjoint de l’anglais et du māori dans le nom du pays, en tant que symbole de la nature et des aspirations de notre société. Cela me semble pertinent, car le nom du pays est un élément essentiel d’une identité nationale. En ce qui concerne le « format » du nom, je préfère ne pas utiliser de trait d’union ou de slash. Mais à choisir, le trait d’union me paraît préférable à la division que marque la barre oblique. Aotearoa-Nouvelle-Zélande plutôt que Aotearoa/Nouvelle-Zélande, en somme.

Cet article est réservé aux abonnés