Peut-on vivre dans le présent ?
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Cet article est issu du numéro 57 de Philosophie magazine « 57 - mars 2012 », en kiosque le 23 février 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Un vieux casse-tête, quatre solutions. Et un peu de métaphysique franchement spéculative !
Saint Augustin (354-430)
Oui, par l’attention spirituelle
Dans le Livre XI de ses Confessions, saint Augustin s’interroge sur la nature du temps. C’est d’abord pour lui une énigme vertigineuse, car l’écoulement du temps est insaisissable. « Qu’est-ce donc que le temps ? […] Le passé et l’avenir, comment sont-ils, puisque le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore ? » Il semble qu’il n’y ait que le présent qui existe… Malheureusement, celui-ci est fugace et incertain. À peine ai-je prononcé le mot « maintenant » qu’il est déjà tombé dans le passé. « Si donc le présent, pour être temps, doit s’en aller au passé, comment pouvons-nous dire qu’une chose soit, qui ne peut être qu’à la condition de n’être plus ? » Après avoir inspecté successivement les diverses réponses des savants, la solution que trouve saint Augustin est que l’esprit est la mesure du temps. « L’avenir n’est pas, qui le nie ? Et pourtant son attente est déjà dans notre esprit. Le passé n’est plus, qui en doute ? Et pourtant son souvenir est encore dans notre esprit. Le présent est sans étendue, il n’est qu’un point fugitif, qui l’ignore ? Et pourtant l’attention est durable ; elle par qui doit passer ce qui court à l’absence. » La clé du présent, ce serait alors une attention spirituelle, avivée par la foi.