Au fil d’une idée

Philanthrope ma non troppo

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Philanthrope ma non troppo

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Cet article est issu du numéro 155 de Philosophie magazine « À quoi voit-on qu’on a vieilli ? », en kiosque le 02 décembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il existe 260 000 fondations philanthropiques à travers le monde.

 

Les 3/4 d’entre elles ont été créées lors des 25 dernières années dans 38 pays.

 

Philanthropiquement parlant, les États-Unis sont la nation la plus généreuse du monde : en 2019, 450 milliards de dollars ont ainsi été distribués par des donateurs américains, ce qui représente 2 % du revenu national. 

 

La philanthropie n’est pas fonction de la religion, ni de la culture, ni de la richesse : la Birmanie, la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie et le Sri Lanka font partie des 10 pays qui sont les plus généreux (en implication, en argent et en temps). 

 

En 2017, 5 millions de Français déclaraient s’être engagés bénévolement – un nombre 2 fois plus élevé qu’en 2002. 

 

67 % des dons philanthropiques sont à destination de pays à revenus moyens tels que l’Inde, le Nigeria, le Mexique. 28 % d’entre eux vont aux pays les moins développés.

 

1 Allemand sur 10 âgés de plus de 60 ans – soit 10 % de cette tranche d’âge (30 % lorsqu’ils n’ont pas d’enfant) – envisage de léguer une partie de son patrimoine à une œuvre de charité. Les Français sont 4 % à penser le faire.

 

La France est le 2e pays d’Europe en nombre de donateurs (plus de 25 millions) derrière le Royaume-Uni (28 millions).

 

Les fonds consacrés à la lutte contre le réchauffement climatique ont représenté moins de 2 % des dons philanthropiques.

 

“Voler en grand et restituer en petit, c’est la philanthropie”
Paul Lafargue
 / La Religion du capital (1887)

 

Parmi les 400 milliardaires les plus riches des États-Unis, 10 ont donné plus de 20 % de leur patrimoine – Warren Buffett en tête – pour soutenir de grandes causes. En revanche, plus de 250 d’entre eux donnent moins de 1 %.

 

En France, les donateurs sont à 55 % des donatrices. Aux États-Unis, les femmes sont 2 fois plus nombreuses que les hommes à jouer un rôle philanthropique.  

 

D’ici à 40 ans, 70 % des 41 000 milliards de dollars qui constituent la somme des fortunes privées américaines seront détenus par des femmes. 

 

Grand admirateur du philosophe et père du darwinisme social Herbert Spencer (1820-1903), Andrew Carnegie, homme le plus riche du monde en 1901 et philanthrope autoproclamé, a fait bâtir 3 000 bibliothèques à travers le monde grâce à l’argent gagné en imposant des cadences infernales aux ouvriers de ses aciéries pour 10 dollars/semaine, 12 heures/jour et 7 jours/7.

 

La Zakât al-Maal, l’un des 5 piliers de l’islam, invite chaque musulman à verser 2,5 % du montant total de ses avoirs aux personnes dans le besoin. En outre, la plupart des musulmans pratiquent un don supplémentaire, la sadaqa, d’un montant souvent supérieur.

 

Non content d’avoir distribué l’essentiel des 45 millions de dollars gagnés par ses investissements, Zell Kravinsky, poète et spécialiste d’Aristote incarnant l’« altruisme effectif » théorisé par Peter Singer, a également fait don d’un de ses reins à « une personne noire à faibles revenus».  

 

L’organisation utilitariste Giving What We Can (« donner ce que nous pouvons ») compte 6 378 membres qui reversent au moins 10 % de leurs revenus à des organismes charitables.

 

Sources : Center for Public Leadership-Harvard Kennedy School ; Giving USA ; World Population Review ; Centre d’observation de la société ; Organisation de coopération et de développement économiques ; Fondation de France-L’Observatoire-Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie ; Climateworks Foundation ; Forbes ; France Générosités ; Philanthropy. From Aristotle to Zuckerberg, de Paul Vallely (Bloomsbury, 2020 ; non traduit) ; Secours islamique-France ; Bolder Giving ; Giving what we can.