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“Plasticroûte”, le nouvel âge de pierre ?

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Photo diffusée par l’université fédérale du Paraná (UFPR) montrant des “roches de plastique” trouvées sur l’île atlantique de Trindade, rattachée à l’État d’Espírito Santo (Brésil), le 2 septembre 2022

Photo diffusée par l’université fédérale du Paraná (UFPR) montrant des “roches de plastique” trouvées sur l’île atlantique de Trindade, rattachée à l’État d’Espírito Santo (Brésil), le 2 septembre 2022. © Fernanda Avelar/Parana Federal University/AFP

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Cet article est issu du numéro 169 de Philosophie magazine « Complotisme. Pourquoi se raconte-t-on des histoires ? », en kiosque le 27 avril 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Effrayantes » : c’est en ces termes que la géologue Fernanda Avelar Santos de l’université fédérale du Paraná (Brésil) qualifiait, dans un communiqué paru le 21 mars 2023, les découvertes de son équipe. Sur l’île de Trindade, paradis tropical de biodiversité situé à 1 200 km des côtes du Brésil, les plastiques à la dérive dans l’océan s’échouent sur les roches littorales, fondent à la chaleur du soleil et finissent par former une croûte incrustée, une nouvelle roche hybride, de couleur verdâtre, baptisée « plasticroûte ». Ce n’est pas la première fois que ce genre de structures est observé. Dès 2006, l’océanographe Charles Moore attire l’attention sur les « plastiglomérats » à Hawaï. Peut-on vraiment parler de roche ? Sans doute, si, comme la géologue Patricia Corcoran et l’artiste Kelly Jazvac dans leur article intitulé « Plastiglomerate » (paru en 2017 dans Fueling Culture, édité par la Fordham University Press), on définit une roche comme une formation inerte qui, par sa résistance au temps, « fournit des informations sur les processus internes, superficiels et atmosphériques de la Terre, y compris l’évolution de la vie ». Le plastiglomérat entre dans cette case : élément durable de « l’annale tellurique », il « offre une preuve matérielle de l’impact irrévocable de l’homme sur l’environnement » par son « fort potentiel d’incrustation dans la roche ». Le plastiglomérat est à la fois symptôme et symbole de l’Anthropocène, nouvel âge géologique, marqué par l’empreinte durable et massive de l’homme.