Environnement

Quand la roche devient une matière plastique

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Photo diffusée par l’université fédérale du Paraná (UFPR) montrant des “roches de plastique” trouvées sur l’île atlantique de Trindade, rattachée à l’État d’Espírito Santo (Brésil), le 2 septembre 2022

Photo diffusée par l’université fédérale du Paraná (UFPR) montrant des “roches de plastique” trouvées sur l’île atlantique de Trindade, rattachée à l’État d’Espírito Santo (Brésil), le 2 septembre 2022. © Fernanda Avelar/Parana Federal University/AFP

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Sur la petite île atlantique de Trindade, appartenant au Brésil, les scientifiques assistent au développement de roches constituées d’éléments naturels… et de plastique ! Un indicateur alarmant des effets durables de l’activité humaine sur notre planète, jusque dans les coins les plus reculés du globe.


 

« Effrayantes » : c’est par ce terme que la géologue Fernanda Avelar Santos de l’université de Paraná (Brésil) qualifiait récemment les découvertes de son équipe. Sur l’îlot isolé de Trindade, paradis tropical de biodiversité situé en plein océan Atlantique, à 1 200 kilomètres au large des côtes brésiliennes, les plastiques à la dérive dans l’océan s’échouent sur les roches littorales, fondent à la chaleur du soleil et finissent par former une croûte incrustée, une nouvelle roche hybride, de couleur verdâtre. Le phénomène, qu’elle a observé pour la première fois en 2019 sur une surface de 12m2, semble y prendre de l’ampleur.

“Nous en avons conclu que l’être humain est à présent un agent géologique, qui a un impact sur des processus auparavant totalement naturels, comme la formation des roches”

Fernanda Avelar Santos, géologue

Si l’ampleur de la situation à Trindade est particulièrement notable, ce n’est pas la première fois que ce genre de formations est documenté. L’océanographe Charles Moore est le premier à attirer l’attention sur ces matériaux, détectés sur une plage de Hawaï. Il en donnera, en collaboration avec la géologue Patricia L. Corcoran et l’artiste Kelly Jazvac, une description détaillée dans « An anthropogenic marker horizon in the future rock record » (« Un marqueur anthropique à l’horizon dans les annales géologiques à venir », 2014), et le baptisera du nom de « plastiglomérat » (littéralement : agglomérat de plastique).

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Des roches de plastique, dernier marqueur de l’Anthropocène