Dossier / “L’IA et moi”
Pour vous, l’IA c’est quoi ?
©William L. pour Philosophie Magazine
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Cet article est issu du numéro 192 de Philosophie magazine « L’IA et moi », en kiosque le 21 août 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Nous sommes en train de nouer des relations inédites et plurielles avec les intelligences artificielles, mais nous ne savons pas encore très bien comment nous adresser à elles. Tour à tour, elles représentent pour nous un coach, un expert, un ami, un oracle ou un double… Au point de ne plus savoir nous-mêmes exactement qui nous sommes ?
… Un coach
Vous avez demandé à ChatGPT s’il pouvait être votre coach. Il vous a répondu qu’il proposait « un accompagnement méthodique, une aide à la clarté, à la décision ou à l’argumentation ». Et d’ajouter : « Mais sans ego, ni méthode unique ». C’est l’idéal, non ? Pas de biais professionnels ou genrés, de méthode miracle ni de facture déprimante. L’intelligence artificielle (IA) va vous aider à définir des objectifs, des étapes concrètes, un suivi, des ajustements. Et parfois jouer le rôle de psy. Ou même devenir un « coach réflexif avec des exemples tirés de la littérature ou la philosophie » – ChatGPT le propose carrément et appelle cela la méthode socratique. C’est alors lui qui pose les questions. L’assistant joue à merveille le rôle d’accoucheur des âmes. Ses questions sont pertinentes, pas trop complaisantes, parfois surprenantes. Mais il y a tout de même une énorme différence avec Socrate. Le philosophe questionneur partait d’une conviction : il savait qu’il ne savait rien. Et il avait l’art d’orienter ses interlocuteurs vers l’aveu de leur propre ignorance. L’assistant, lui, fait semblant de tout connaître, mais, n’étant pas conscient, il ne sait nullement où il veut vous emmener. C’est un anti-Socrate.
… Un expert
Dès le départ, ChatGPT était nettement plus compétent pour inventer un poème sur la finale de Top Chef à la manière de Baudelaire que pour fournir une information fiable. C’est encore le cas. Si vous lui demandez des éléments sur l’avenir du programme nucléaire iranien, il oublie, par exemple, de mentionner les attaques israélo-américaines du mois de juin dernier. C’est pourquoi vous utilisez de préférence des IA citant leurs sources et reconnaissant leurs lacunes, comme Perplexity. Reste qu’en précisant les questions et en vérifiant les réponses proposées, on peut parvenir à des informations correctes sur bon nombre de sujets. Sans compter les calculs, les synthèses, les traductions, les présentations, les relectures de documents juridiques ou administratifs, les découvertes imprévues…