Climat

Pourquoi avons-nous peur de l’été qui arrive? (Et pourquoi c’est nouveau)

Temps de lecture : 1 min

Sun-Desert

(cc) Unsplash /  Andre Benz

Des records de chaleur sont annoncés partout (ou presque) en France à grand renfort de messages alarmistes. Qu’est-ce qui est nouveau? En 2018, nous ne nous attendions pas à ce qui nous est arrivés: records de température, feux de forêts, sécheresses… Cette année, nous savons à quelle sauce nous allons être grillés. Sous nos yeux prend forme la Grande Peur du XXIe siècle : la thérophobie.

 

Une inversion symbolique 
L’été (en grec théros) constituait, en Occident, une source de réjouissance. Générateur de lumière et de chaleur, période d’abondance des fruits de la terre, promesse de longues vacances pour les citadins, il incarnait l’explosion vitale. Aujourd’hui, son sens symbolique s’inverse. La joie devient menace.

De vieux réflexes
La thérophobie est d’autant plus angoissante qu’elle mêle des motifs contraires. Elle est à la fois parfaitement expliquée par les spécialistes du climat, donc ultra-rationnelle, et très archaïque, car elle réactive les fantasmes des châtiments du ciel.

Pour lutter contre la thérophobie, il peut être utile d’appliquer la maxime stoïcienne: Amor fati [“Aimer ce qui vous arrive”]. Cette maxime antique, reprise au XIXe siècle par Nietzsche, consiste à accueillir le mieux possible, comme un don du destin (le fatum), ce que l’on ne peut absolument pas éviter. Donc: partir tout de même dans un pays chaud, quitte à se baigner plus longtemps, apprendre l’art de la sieste… et réécouter sans trembler le tube d’Éric Charden.