Pourquoi rien ne se passe comme prévu

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Dans le monde de l’entreprise, le travail une fois accompli ressemble rarement à la tâche initialement planifiée. Car le réel se plie mal à la volonté du plan. Est-ce l’effet de sa souplesse légendaire ? Gaston illustre à merveille ce grand écart, dans des figures qui vont du loufoque à l’absurde.

Fixée dans les planches de la BD, l’entreprise date un peu – reflet des années 1960 – mais demeure archétypale : une organisation hiérarchisée et des personnages stéréotypés, dont les caractères, les traits, les rôles collent à leur fonction professionnelle. Une figure de grand patron, opulent, imperturbablement sérieux et impatient, maître des contrats. Un chef directif et paternaliste. Des secrétaires, femmes jolies et coquettes. Et Gaston, le petit employé « lent », « bête » et « paresseux » – dans le regard de la plupart de ses collègues.

C’est un monde stratifié où les classes sociales, clairement identifiées, déterminent les comportements et structurent les conflits et les affinités. Gaston présente des attributs associés à la classe populaire : prénom, look (col roulé, jean et espadrilles), attitude corporelle (avachi, il marche en traînant les pieds), langage (il parle peu et tutoie facilement) et appétences (passion pour le bricolage et le camping). Dans les interactions, la domination s’exerce parfois de façon violente, y compris physiquement.

Un monde hiérarchisé donc, mais également ouvert, accueillant et protégé, puisqu’un Gaston y fait son trou. Un miracle, vu l’ampleur de ses gaffes qui justifierait un licenciement immédiat pour faute grave dans notre monde réel ! Le travail joue ici pleinement son rôle d’intégration ; s’il se trouve parfois « placardisé », Gaston se voit néanmoins confier de menues tâches ; surtout, il n’est jamais totalement coupé des relations sociales avec ceux qui l’entourent.

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