Santé
“Pourrissement cérébral”, “snobisme numérique”, “scrolling morbide”… Les six nouveaux maux du numérique
© Marina Demeshko/iStockphoto
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Des « relations sans friction » à la « transparence cérébrale », la dépendance aux écrans a créé un éventail de nouveaux maux qui affectent notre esprit autant que nos relations aux autres… Nous avons passé ces « pathologies digitales » au crible.
On le sait désormais : l’exposition quotidienne et prolongée aux écrans à tendance à affecter la santé mentale. Mais comment ? Qu’est-ce qui, concrètement, dans l’usage frénétique des smartphones et des réseaux sociaux contribue à créer ce mal-être ? Nous avons repéré six manifestations concrètes, six « pathologies digitales », directement liées à notre rapport aux smartphones.
Le snobisme numérique (“phubbing”)
Lors d’un rendez-vous galant, vous vous dévorez du regard. Soudain, votre interlocuteur décide de regarder son téléphone, rompant ainsi le charme du contact visuel. Cette pratique porte un nom, apparu en 2022 : le phubbing, formé à partir de phone et de snubbing, qui, en anglais, signifie « snober », « ignorer ». Le snob numérique (phubber) coupe court à tout échange afin de focaliser son attention sur son smartphone, qui apparaît dès lors comme prioritaire par rapport à l’humain en face de lui.
Ce nouveau type de mépris s’inscrit dans un contexte plus général de dévalorisation de la conversation humaine. Comme l’explique la sociologue Sherry Turkle, « le simple fait de poser le téléphone sur une table lors d’une conversation change la nature de l’échange, le rend plus trivial, moins important ». Des interlocuteurs qui posent leur téléphone en face d’eux sont généralement constamment parasités par les notifications, ce qui risque, selon Sherry Turkle, d’entamer « toute connexion empathique ».
Il existe depuis peu des foyers de résistance à cette dynamique, notamment le « phone stacking », que l’on peut traduire par « empilement de téléphones ». Le principe est simple : il suffit d’empiler les téléphones des uns et des autres dans un coin de la table et d’interdire à tous les participants de le consulter… Sous peine de devoir payer l’addition pour ses camarades.