Là est la question…

“Quand on doit se battre pour vivre avec un handicap, est-on dans le défi ou dans le déni ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

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“Quand on doit se battre pour vivre avec un handicap, est-on dans le défi ou dans le déni ?” Charles Pépin répond à vos dilemmes

©Alain Pilon/Costume 3 Pièces pour PM

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Cet article est issu du numéro 191 de Philosophie magazine « Pourquoi se complique-t-on la vie ? », en kiosque le 03 juillet 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.


LE DILEMME DE BLANDINE 
« Je suis née avec deux moignons au pied et à la main droites. Aucun mot n’a jamais été mis sur la cause ni sur les conséquences. La question de la normalité et de la normalisation s’est posée très tôt. J’ai acquis l’autonomie dans la vie quotidienne. Mais le regard des autres a toujours été compliqué. J’ai été danseuse contemporaine, puis kinésithérapeute. J’ai énormément travaillé. “À l’ancienne”, en massant, en mobilisant les patients. J’aimais ce lien thérapeutique. Je voulais éduquer au respect de soi, à la douceur ! Mais à 58 ans, mon corps n’a plus suivi. Et j’ai ouvert un dossier invalidité. Chaque expertise m’a bouleversée. Comme il s’agit d’un handicap inné et léger, il n’a pas été pris en considération par les institutions. Les patients ne remarquaient pas ma différence et me disaient que j’avais des mains en or. La thérapie par le miroir m’a passionnée. Voir une image restaurée d’un membre inachevé m’a adouci l’âme. Dernièrement, les jeux Paralympiques et les navigateurs amputés du Vendée Globe m’ont interrogée. Surtout le regard et les commentaires sur le handicap. Et finalement, la question que je me suis toujours posée est celle-ci : quand on doit se battre pour vivre avec un handicap, est-on dans le défi ou dans le déni ? »

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