Écologie

Quand les barrages chinois ralentissent la vitesse de rotation de la Terre : la nouvelle force géologique de l’humanité

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Quand les barrages chinois ralentissent la vitesse de rotation de la Terre : la nouvelle force géologique de l’humanité

Le réservoir des Trois Gorges dans le cours supérieur du fleuve Yangtze (province de Hubei), en Chine, en mai 2022. © CFoto/Sipa

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La masse de l’eau stockée à pleine charge dans le réservoir du barrage des Trois-Gorges, en Chine, est capable de modifier la vitesse de rotation de la Terre, avait révélé la Nasa en 2005. Une découverte qui interroge l’ampleur de notre influence sur la planète, alors que Pékin s’apprête à lancer la construction du plus grand barrage du monde au Tibet.


Le jour dure 60 milliardièmes de seconde plus longtemps lorsque le barrage des Trois-Gorges, en Chine, est rempli : c’est la découverte surprenante de la Nasa en 2005. De quoi s’inquiéter, à l’heure où Pékin annonce la construction du plus grand barrage du monde au Tibet, sur le cours inférieur du Yarlung Tsangpo (ou Brahmapoutre), qui promet une capacité de production de 60 gigawatts, soit le triple de ce que produit le barrage des Trois-Gorges ?

Ce phénomène de ralentissement s’explique par ce que l’on appelle le « moment d’inertie » : plus la masse d’un objet est importante et plus cette masse est éloignée du centre de rotation, plus l’objet oppose une résistance à la rotation de la planète. C’est ce qui se produit avec le barrage des Trois-Gorges : avec ses 2 335 mètres de longueur et ses 185 mètres de hauteur, il est capable de retenir 40 000 milliards de litres d’eau et partant de modifier la vitesse de rotation de la planète – ainsi que, très légèrement, la position de ses pôles. Les effets du barrage restent évidemment négligeables. Mais d’autres phénomènes anthropiques modifient la vitesse de rotation de notre planète. C’est le cas, tout particulièrement, de la fonte des glaces, dont l’effet est dix fois plus important que celui de l’eau stockée dans le réservoir du barrage des Trois-Gorges.

Faire trembler la Terre

Nous mesurons mal l’ampleur de l’impact de l’activité humaine sur le système-Terre. Nous savons bien entendu aujourd’hui combien l’humanité est capable de modifier l’état de ce que Bruno Latour a appelé la « zone critique », mince pellicule comprise entre les eaux souterraines et la basse atmosphère où se déploie la vie. Nous savons combien le poids de la vie humaine change le climat, la qualité des sols vivants, etc. Nous savons, pour le dire autrement, que nous transformons (pour le pire) les équilibres précaires de cette zone d’habitabilité qui constitue notre milieu naturel. 

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