Proche-Orient / Syrie

Quel djihadisme prône Hayat Tahrir al-Cham ?

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Quel djihadisme prône Hayat Tahrir al-Cham ?

Damas (Syrie), le 8 décembre 2024. Abou Mohammed al-Joulani prend la parole dans la mosquée des Omeyyades. © Omar Albam/AP Photo/Sipa

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Cet article est issu du numéro 186 de Philosophie magazine « Qu'est-ce qu’un rapport sain à l’argent ? », en kiosque le 16 janvier 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La politique à venir du nouveau régime syrien est encore floue. Néanmoins, son projet semble différent des idéologies d’Al-Qaïda et de l’État islamique.

 

Quelle est l’idéologie d’Hayat Tahrir al-Cham (HTC), le groupe rebelle syrien qui a renversé le régime de Bachar el-Assad, après quatorze ans de guerre civile ? Le mouvement est qualifié d’islamiste, de salafiste et de djihadiste, ce qui est à la fois juste et imprécis. Son leader Abou Mohammed al-Joulani (photo) est un ancien d’Al-Qaïda. Il a cependant coupé les liens avec la formation d’Oussama ben Laden et avec sa logique d’un djihad global, multipliant partout sur la planète des foyers d’insurrection. HTC ressemble-t-il davantage à l’État islamique en Irak et au Levant, l’autre grande organisation contemporaine du djihadisme ? Pas vraiment. Daech partage avec Al-Qaïda l’idée d’une lutte globale contre l’impérialisme d’un Occident à ses yeux maléfique. La différence passe dans la stratégie : Al-Qaïda ne cherchait pas d’emblée à construire une structure politique ; l’État islamique considère au contraire que le combat mondial doit commencer par l’édification d’une base territoriale, d’un califat, que l’organisation s’est efforcée de réaliser au Moyen-Orient, à cheval sur plusieurs États. Le HTC semble au contraire promouvoir un djihad national, visant l’instauration de la loi islamique, la charia, à la seule échelle de la Syrie, dans un cadre qui respecte les frontières internationales. L’adversaire de ce djihad, jusqu’à la victoire de décembre, a été le régime résolument laïcisé de Bachard el-Assad. Son ennemi est politique plutôt que civilisationnel ou religieux. Nous sommes face à une « troisième voie inédite », selon le journaliste et essayiste Wassim Nasr.

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