Quenelle. Le rebelle grégaire
© William Londiche pour PM
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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce geste popularisé par Dieudonné rêve d’avoir le bras long. C’est oublier que la rébellion, lorsqu’elle est nourrie par le ressentiment, n’est qu’une forme de servitude.
De quoi, de qui, la quenelle est-elle le nom ? De quelle dissidence ce drôle de geste est-il l’étendard ?
La quenelle n’est pas un salut nazi inversé. Ce serait trop beau. Malgré l’antisémitisme truculent de son promoteur, la rigidité toute militaire de la paume qui désigne, à hauteur d’épaule, le volume de chair qu’on enfonce « dans le fond du fion du sionisme », enfin le fait que (contrairement au fist-fucking dont elle se veut le prolongement symbolique et qui se présente le poing fermé) les doigts du bras tendu soient eux-mêmes aussi tendus qu’à Nuremberg en 1933, les « quenelliers », dans leur immense majorité, ne sont pas des marranes du nazisme qui perpétuent leur culte en lui donnant un vernis rabelaisien pour échapper à la censure démocratique. La quenelle est moins intelligente que ça.