Réduction transcendantale dans le RER

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Réduction transcendantale dans le RER

© Lionel Richerand pour PM

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Cet article est issu du numéro 27 de Philosophie magazine « 27 - mars 2009 », en kiosque le 26 février 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Depuis des années, à la Toussaint, je regagne la lointaine province où j’ai grandi. Il n’y a plus que ma mère pour m’attendre. Tous les autres sont morts, et c’est à eux que nous pensons, ensemble, selon le rite, à ce moment de l’année.

L’affaire se déroule selon un ordre invariable. Je prends la ligne B à sept heures, sors trois quarts d’heure plus tard à Austerlitz, où le train à destination de B. est à quai, dans la nuit du matin. Depuis quelque temps déjà, lorsqu’il fait un peu froid, je ne me sens pas trop bien. Sujet à un trouble mal définissable, avec vertiges, paresthésies, qui font se demander, plein d’angoisse, de quoi l’instant qui suit sera fait. Bref, je me retrouve, avec mon bagage, sur le quai du RER, en avance, comme à l’accoutumée, constate qu’il ne fait pas chaud du tout et monte dans la rame, qui se présente à l’heure précise. Il ne s’est pas écoulé cinq minutes que je reconnais les classiques et déplaisants symptômes. J’essaie des trucs, comme penser à autre chose, respirer plus vite, serrer et desserrer les poings, aussi discrètement que possible parce que les autres sièges sont occupés et que je ne voudrais pas passer pour un fou aux yeux de mes voisins. Ça ne s’arrange pas, bien au contraire. Tassé dans mon coin, je me sens mourir, et c’est un instant souverainement déplaisant.

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