Ceux qui l’aiment prendront le train
RER : voyage philosophique dans un transport mal aimé
Tracé réel de la ligne D du RER (détail, sud de Paris). © Wikimedia Commons
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Le président de la République Emmanuel Macron a récemment déclaré vouloir déployer le RER dans d’autres métropoles françaises. Une fausse bonne idée ? L’occasion de revenir sur les mystères tout-terrain de ce transport jusqu’ici typiquement francilien.
Bientôt, il y aura peut-être un RER à Lyon, Marseille-Aix ou à Lille. C’est en tout cas ce qu’a suggéré Emmanuel Macron lors d’une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, dimanche. Le président souhaiterait étendre ce type de transport aux dix plus grandes métropoles françaises.
Plein de promesse lors de sa mise en service à la fin des années 1960, le RER incarnait une modernité triomphante, préfigurant à lui seul ce qui allait devenir ensuite le « Grand Paris ». Pourtant, il est rapidement devenu malgré lui le symbole de la grisaille, de la morosité et surtout des galères quotidiennes, qui épuisent les travailleurs et désespèrent les pouvoirs publics. Entre train et métro, entre centre et banlieue, entre travaux et retards, voici la généalogie d’un transport plein de paradoxes, autant détesté qu’absolument indispensable à la vie francilienne.
L’ovni des transports
À bien y regarder, le RER parisien est un véritable ovni parmi les autres moyens de transports urbains. D’abord parce que ce n’est ni un train ni un métro, mais un réseau. Plus précisément un « réseau express régional ». Dès sa création, en 1969, il a été envisagé comme un ensemble de plusieurs lignes interconnectées. Si l’on observe son tracé sur un plan, on remarque qu’il est représenté par cinq trajets aux multiples embranchements, partant du centre pour se déployer à travers toute l’Île-de-France. Un souterrain de métro est un bloc simple, qui comporte une racine unique serpentant sous la terre. Un chemin de RER ressemble plus à un « rhizome » : un groupe de tiges entrelacées et touffues, à la fois souterraines et aériennes.