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Réinventer l’universel avec Souleymane Bachir Diagne

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Réinventer l’universel avec Souleymane Bachir Diagne

© Albin Michel

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Dans l’essai Universaliser. Pour un dialogue des cultures (Albin Michel) et le livre d’entretiens Ubuntu (avec Françoise Blum, Éd. de l’EHESS) parus cet automne, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne entend concilier l’ambition d’universalité et le respect des singularités. Un chemin étroit, par les temps qui courent, que retrace pour nous Alain Policar.


Le philosophe Souleymane Bachir Diagne cherche à redéfinir les conditions de la réinvention de l’universel. Ses deux derniers livres, Universaliser et Ubuntu, permettent de mieux comprendre ce projet tout en revenant sur son parcours. 

L’enseignement fondamental se décline en deux propositions : 

  • C’est par la considération de la singularité que nous pouvons parvenir à un universel qui échappe à la prétention hégémonique de l’universalisme occidental. 
  • Et c’est aussi en refusant l’enfermement dans le singulier que l’on parvient à l’universel. 

Ne devrions-nous pas souhaiter que nos énoncés soient valides indépendamment de leurs conditions d’énonciation, c’est-à-dire sans être liés aux personnes que nous sommes ? Comme le résume Diagne, nous devons « entonner à l’unisson l’hymne de la science au singulier » (Le Fagot de ma mémoire, 2021)

Réinventer l’universel passe par la déconstruction de ses contrefaçons. Le constat de la fin de la forme surplombante de l’universalisme, celle qui s’est compromise avec la colonisation, invite à le considérer désormais comme un commencement, un commencement qui nous conduirait à le penser depuis le pluriel du monde, selon l’heureuse formule que Diagne aime utiliser. Il s’agit en quelque sorte de distinguer la prétention de l’Europe d’incarner l’universel de l’idée qu’il existe une universalité.

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