Souleymane Bachir Diagne. « Le rêve américain n’est plus qu’un élément de langage »
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Quel regard portez-vous sur ces quatre années de présidence Obama ?
Souleymane Bachir Diagne: Je reprendrais mot pour mot ce qui a été dit par Bruce Springsteen, lorsqu’il accompagnait Bill Clinton, engagé derrière Barack Obama : « En ce moment, un combat se livre pour faire des États-Unis un pays plus juste et plus équitable. Pour moi, le président Obama est notre meilleur choix pour nous guider dans la bonne direction. »
Je suis notamment fier qu’il soit intervenu, au niveau fédéral, en instituant une réforme de la sécurité sociale, l’Obamacare, parce que la justice le nécessitait… même si de telles mesures sont impopulaires en période de crise. Le président Obama n’est pourtant pas un idéologue : c’est un pragmatique qui n’entend cependant pas laisser au marché l’ensemble des décisions. Le motif essentiel de sa politique est la justice sociale. À quoi les républicains rétorquent un principe libéral fondateur pour l’Amérique : l’État n’a pas à mettre le nez dans des affaires qui relèvent du domaine personnel, ni à nous prendre en charge. Il revient à chacun de s’assumer soi-même. Ainsi, pour eux, l’Obamacare, outre qu’il contrevient à l’idéologie individualiste, freinerait la liberté d'entreprendre en imposant des taxes supplémentaires, il irait contre l’embauche.