La Fabrique des idées

Replay : revivez la masterclass d’André Comte-Sponville pour “Philosophie magazine”

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Replay : revivez la masterclass d’André Comte-Sponville pour “Philosophie magazine”

Club de l’Étoile, Paris, lundi 18 décembre 2023. Le philosophe André Comte-Sponville s’est entretenu pendant deux heures avec Martin Legros avant de répondre aux questions du public, dans le cadre des nouvelles masterclass de “Philosophie magazine” : “La Fabrique des idées”. © Laurent Laborie

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Lundi 18 décembre a eu lieu la première « Fabrique des idées », la série de masterclass philosophiques que nous avons initiée dans le cadre de la nouvelle formule de Philosophie magazine. Pour cette première édition, André Comte-Sponville s’est entretenu avec Martin Legros pendant 2 heures au Club de l’Étoile, à Paris, et a également répondu aux questions des participants. L’événement, qui était accessible en présentiel ou par visioconférence, était gratuit pour les abonnés.


 

Son best-seller s’intitule Petit Traité des grandes vertus, mais cela ne fait pas de lui un moraliste pour autant. Né en 1952 à Paris, André Comte-Sponville est un ancien élève de l’École normale supérieure, où il a eu pour maître Louis Althusser. Il est ensuite devenu un grand professeur à la Sorbonne – où il a frappé les esprits par ses talents pédagogiques et son souci de revenir aux classiques, dans une époque essentiellement tournée vers la politique et les sciences humaines.

Son enfance, comme il s’en confie au début de notre masterclass, a été douloureuse, marquée par la tristesse de sa mère – qui se suicidera plus tard – et la froideur de son père. La philosophie a été pour lui, dit-il, un levier pour surmonter la mélancolie et la difficulté de vivre qui lui avait été transmise. « J’ai appris à vivre et à aimer dans le malheur de ma mère et dans la haine de mon père. La philosophie m’a aidé à me guérir un peu de cette enfance. » La musique l’a aidé à trouver non pas de l’espoir – notion dont il se méfie – mais une forme de bonheur lucide : Mozart et Schubert font partie de ses compositeurs préférés. Il nous en a parlé avec éloquence et profondeur.

La sagesse, dans les années 1980 et 1990, plus personne n’osait en parler ou presque. André Comte-Sponville nous raconte ici pourquoi il s’est tourné vers les philosophes antiques plutôt que les grands noms du XXe siècle (Freud, Derrida…), se voulant un représentant fervent du « matérialisme athée » sans pour autant être marxiste. Dans le deuxième temps de l’échange, le philosophe a ainsi commenté un extrait de la très belle entrée « Désespoir » de son Dictionnaire amoureux de Montaigne (Plon, 2020), qui condense sa conception de la vie bonne – un extrait qui a été distribué dans la salle et aux participants en ligne.

En réponse aux questions, nombreuses et précises, du public, André Comte-Sponville a délivré une magnifique leçon où, dans les pas de sa pratique quotidienne de la méditation, il a invité chacun à trouver le bon ajustement entre la vie et la pensée, l’une devant toujours éclairer l’autre sans jamais l’effacer.

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