International
Révolte des jeunes au Maroc : “Ce qu’on demande, c’est la dignité et la justice sociale”
Casablanca (Maroc), le 2 octobre 2025. Manifestation contre la corruption et pour une réforme des systèmes de santé et d’éducation. © STR/AP/Sipa
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Depuis septembre, le Maroc est traversé par le mouvement « GenZ 212 », mené par une jeunesse en quête de justice sociale. Parti d’Agadir, il s’est vite étendu à tout le pays. Dans cet entretien, Amine Chbari, étudiant en cinéma à la faculté de Ben M’sick de Casablanca et rappeur sous le nom de Nomade, nous offre un point de vue intérieur privilégié pour comprendre le mouvement.
Comment est né le mouvement “GenZ 212” au Maroc ?
Amine Chbari : D’abord, j’aimerais préciser que je ne suis pas moi-même un représentant de « GenZ 212 » au Maroc, je ne suis qu’un participant qui offre son point de vue. Ensuite, il faut dire que ce mouvement vient de Oulad Cha’b [traduit littéralement par « les enfants peuple » : l’expression renvoie à l’idée d’un mouvement populaire], des jeunes, et pas de l’extérieur comme on a voulu le faire croire. Si dans l’immédiat, la mort de 8 femmes enceintes en 10 jours à l’hôpital Hassan II ou encore les expropriations des terrains et démolitions pour construire des stades ont pu en être l’étincelle, le mouvement s’ancre dans une histoire de luttes sociales au Maroc. « GenZ » est l’héritier de nombreux mouvements de contestations comme celui du 20 février 2011 (M20), du Hirak du Rif (2016-2017), des « assoiffés de Zagora » (2017), ou encore du mouvement Jerada des « martyrs du charbon » (2017-2018). Le point commun à ces mouvements, c’est qu’on vit toujours dans les mêmes conditions indignes malgré le changement de constitution en 2011. Si j’étais trop jeune à l’époque de ces mouvements pour y participer, j’en ai beaucoup entendu parler par mes parents et ma famille qui étaient plutôt militants.
“Au Maroc, les jeunes vivent toujours dans les mêmes conditions indignes malgré le changement de constitution en 2011”