Revue de presse

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Cet article est issu du numéro 36 de Philosophie magazine « 36 - février 2010 », en kiosque le 21 janvier 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Armageddon

« Il y a six mois, les Iraniens descendaient dans la rue en chantant “Où est mon vote ?”. C’est ainsi que la Révolution verte a commencé. Aujourd’hui, les protestataires ne cherchent plus vraiment des élections démocratiques mais un changement de régime. Leurs nouveaux slogans sont “Khamenei est un meurtrier et son pouvoir est injuste”. […] Le régime ne perd pas seulement le soutien du clergé mais aussi celui des militaires. Les communiqués tant de l’opposition que ceux qui me sont adressés indiquent qu’un grand nombre de gardiens de la révolution ne veulent plus désormais être utilisés pour la répression. Les images vidéo de presque toutes les manifestations montrent des gardes qui se joignent aux protestataires. Une déclaration signée par des officiers des armées de l’air et de terre avertit les membres radicaux des gardes révolutionnaires de “stopper la violence à l’égard de votre peuple”.  […] Cela ne signifie pas que le régime va s’écrouler en gémissant. Durant les six derniers mois, le régime iranien a subi un changement radical d’orientation. Il a éradiqué toutes les forces pragmatiques au sein de sa mouvance. Pour le soutien religieux, il s’appuie sur un petit groupe d’ayatollahs extrémistes tels que Mesbah Yazdi et Ahmad Jannati. Ceux-là sont des adorateurs apocalyptiques du douzième imam, le Mahdi. Il est crucial pour l’Occident de comprendre ce groupe, qui voit le Mahdi comme une figure messianique dont le retour doit apporter la paix sur Terre. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’y réfère fréquemment dans ses discours, y compris ceux tenus devant les Nations unies. Tandis que la plupart des imams chiites pensent que le Mahdi choisira son moment pour apparaître, ce groupe de radicaux est persuadé que sa venue peut être déclenchée en créant les conditions apocalyptiques de son émergence. Le programme nucléaire iranien doit être compris dans ce contexte. Ahmadinejad et sa frange radicale  se voient eux-mêmes comme l’armée du Mahdi dans son jihad final. »

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