La notion

“Technosymbiose”

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“Technosymbiose”

© Gerd Altmann/Pixabay

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Cet article est issu du numéro 173 de Philosophie magazine « Peut-on être en accord avec soi-même ? », en kiosque le 21 septembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À la vision apocalyptique d’une intelligence artificielle supplantant l’humain, la spécialiste des technologies N. Katherine Hayles en oppose une autre : la technosymbiose. Dans son article « The End of Being Human », paru en juillet 2023, elle affirme que la « coopération » toujours plus poussée entre homme et machine fait naître des « assemblages » hybrides. Selon elle, l’humain n’est pas en concurrence avec les entités qu’il façonne, et aucun des deux pôles n’a de sens sans l’autre. Cette symbiose, de plus en plus étroite à mesure que se développent capteurs haptiques et implants neuronaux, s’apprête à transformer l’humain d’une manière inédite : nos manières de penser, de nous repérer dans le monde, de manipuler le réel, de comprendre notre identité pourraient n’être plus jamais les mêmes. Peut-être même faudra-t-il abandonner finalement la notion d’humanité pour faire place à des êtres nouveaux ? Un tel saut dans l’inconnu peut inquiéter. Mais, comme le rappelle Hayles, la symbiose avec d’autres entités, organiques ou technologiques, est le « principal moteur de l’évolution » depuis les origines. Elle est même la clé de l’adaptation.