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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Selon l’idée la plus répandue, il y a, d’un côté, des tempéraments sociables, qui apprécient la discussion et les échanges, et, de l’autre, des solitaires, qui recherchent les moments de rêverie, qui n’aiment pas trop qu’on les dérange quand ils sont dans leur bulle. Cette opposition entre sociables et solitaires existe sans doute… mais elle est plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, on serait tenté d’apporter un peu de nuance en distinguant deux domaines, l’éthique et la raison :
– Certains sont des solitaires éthiques, c’est-à-dire qu’ils prennent leurs décisions en fonction de leurs besoins. Pour ceux-là, l’art de vivre passe d’abord par une connaissance adéquate de soi ou par un désir d’extension de soi-même, d’accroissement de son propre bien-être. Pour d’autres, l’éthique est essentiellement une affaire relationnelle : pas question de choisir dans l’abstrait, il convient de tenir compte de ses proches, de ses collègues, de la société dans laquelle on vit.