Alain Badiou répond aux questions de Gilles Haéri

À titre personnel, prenez-vous plaisir aujourd’hui encore à pratiquer les mathématiques ? Vous procurent-elles un bonheur comparable à la philosophie ?

Temps de lecture : 1 min

Cet article est réservé aux abonnés.

En partenariat avec Flammarion, Philosophie magazine propose chaque jour une réponse d’Alain Badiou extraite de l’« Éloge des mathématiques »

 Ce que je dis, c’est que la philosophie forge un concept de « Vérité » approprié aux vérités neuves de son temps, et indique ainsi les pistes barrées par les opinions dominantes qui organisent la suprématie des jouissances individuelles et /ou le culte du conformisme et de l’obéissance. La philosophie n’est pas une pratique heureuse de l’existence de quelques vérités réelles, elle est plutôt une sorte de présentation de la possibilité des vérités, donc elle nous apprend la possibilité du bonheur. C’est pourquoi je l’appelle « métaphysique du bonheur », et non « théorie du bonheur ». C’est dans ce cadre que je continue de pratiquer les mathématiques avec un vif plaisir. D’autant plus que les vérités mathématiques jouent un rôle décisif dans la métaphysique que je propose. 

Cet article est réservé aux abonnés