L’actualité commentée
Trois faits d’actualité commentés par Fernando Savater
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Cet article est issu du numéro 13 de Philosophie magazine « 13 - octobre 2007 », en kiosque le 27 septembre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Inspiré par Spinoza, Diderot et Nietzsche, ce philosophe basque espagnol mise sur la liberté et l’éducation pour faire face aux enjeux du présent : le terrorisme, l’immigration et la paix.
1er septembre / Arrestation de 4 membres présumés de l’ETA qui préparaient un attentat.
« Sans armes contre les armes »
Cette arrestation signifie que l’Europe, et la France au premier titre, prend au sérieux le terrorisme de l’ETA. Pendant longtemps, cette organisation est apparue comme une guérilla folklorique et a bénéficié d’une sympathie du même type que celle suscitée par la figure révolutionnaire de Che Guevara. On ne voulait pas comprendre que l’Espagne était une jeune démocratie qui n’était plus menacée par les militaires de l’ancien régime franquiste, mais par le terrorisme de l’ETA, dernier cadeau de Franco à l’Espagne.
L’ETA apparaissait comme la résistance d’une petite région qui réclame son autonomie contre l’oppression, héritée de la dictature, d’un État omnipotent. En réalité, le Pays basque espagnol jouit d’un degré d’autonomie politique et fiscale très élevé. L’ETA a toujours été un terrorisme de riches (le Pays basque est riche) mais c’est aussi un mouvement nationaliste et xénophobe. Loin d’être oppressés, les nationalistes non violents ont toujours été ceux qui ont gouverné le pays, accompagnés d’un terrorisme qui menaçait les non-nationalistes.
Depuis quelque temps, la France a pris conscience de ce fait et a décidé de ne plus offrir à l’ETA un refuge sur son territoire. Je crois que cette politique sera décisive pour l’étouffer définitivement.