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Trouver les mots justes pour consoler nos proches avec Plutarque
Plutarque. © Luisa Ricciarini/Opale.photo
Comment déclarer sa flamme ? Quelle est la meilleure façon de mobiliser un public ? Face à ces questions, nous vous proposons de découvrir tout au long de la semaine les conseils des philosophes, à retrouver également dans notre tout nouveau numéro. Aujourd'hui, Plutarque nous apprend comment réconforter nos proches dans la peine…
On se sent souvent maladroit lorsqu’on essaie de consoler un ami. Les mots nous échappent ou paraissent trop brusques : voulant réconforter nos proches, nous avons l’impression de les heurter davantage. Confronté au drame du décès de sa fille Timoxena, Plutarque cherche les mots pour adoucir le chagrin de sa compagne dans le chapitre « Consolation à sa femme » de ses Œuvres morales. Son discours, pourtant très doux et empathique, enjoint d’abord à éviter les euphémismes. La première tâche du consolateur est de faire accepter la réalité de la disparition de l’être aimé, et ce, même si la nature humaine « fuit […] instinctivement tout ce qui l’afflige ». Mais chez Plutarque, cet appel à la lucidité est immédiatement associé à la convocation de souvenirs heureux. « Comme cette enfant était nos plus chères délices, notre plus doux spectacle, notre plus délicieux concert, de même sa pensée doit se maintenir plus fidèlement au fond de nos cœurs. Ou, pour mieux dire, nous avons à concevoir plus de joie que de tristesse », écrit-il à sa compagne. Les recommandations de Plutarque se rapprochent de la philosophie stoïcienne, qui invite à distinguer ce qui dépend de nous et ce qui est hors de notre contrôle. Si nous ne pouvons rien contre le décès d’un être cher, nous pouvons en revanche choisir la façon dont nous évoquons sa mémoire. C’est pourquoi le philosophe conseille à sa femme de tenir des « discours » doux et pleins de gaieté quand elle évoquera sa fille en public, afin qu’elle ne « maudiss[e] pas le sort en opposant des regrets encore plus nombreux à ces joies antérieures ». Par ces paroles, le philosophe tente de trouver les mots pour préserver la mémoire de leur enfant et empêcher qu’elle ne se corrompe sous l’effet du chagrin. Plutarque nous apprend ainsi que la consolation ne supprime pas la douleur du deuil mais que l’on peut tenter de lui opposer la beauté des instants passés.