L’œil de Marshall McLuhan.

“Une grenade à fragmentation dans le village global ?”

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Cet article est issu du numéro 105 de Philosophie magazine « Suis-je l’auteur de ma vie ? », en kiosque le 01 décembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Hillary Clinton n’est pas la seule perdante de l’élection américaine. Du point de vue de la théorie des médias que je défends, la communication par e-mails vient également de subir un sérieux revers. Nous savons tous, nous devrions tous être conscients, qu’échanger des e-mails, c’est un peu comme s’envoyer des cartes postales sans enveloppe. Non, en fait, c’est bien pire : les e-mails sont archivés sur des serveurs extérieurs à nos ordinateurs, parfois pour des décennies. Ces archives, sur lesquelles nous n’avons aucune prise, peuvent être consultées par les agences de sécurité, mais également piratées. Les informations sensibles s’y retrouvent facilement par mots-clés. Très naïve dans son usage de la technologie, Hillary Clinton n’a pas utilisé, de 2009 à 2014, la messagerie sécurisée qui était mise à sa disposition par l’administration américaine, et elle a continué à traiter ses dossiers sur son adresse privée, comme si de rien n’était, basculant ainsi trente mille messages souvent confidentiels de la cime du département d’État américain vers un espace non sécurisé. Elle a offert un cadeau inespéré aux services secrets russes, à WikiLeaks, au FBI et au camp républicain.

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