Cinéma

“Valeur sentimentale”, le retour du père prodigue

Temps de lecture : 4 min

Stellan Skarsgård et Elle Fanning dans le film "Valeur sentimentale" de Joachim Trier, en salles le 20 août 2025.

Stellan Skarsgård et Elle Fanning dans le film "Valeur sentimentale" de Joachim Trier, en salles le 20 août 2025. © Memento Films

Cet article est réservé aux abonnés.

Le nouveau film de Joachim Trier, Grand Prix au Festival de Cannes 2025, sonde les difficiles relations entre un père, cinéaste de profession, et ses deux filles, après la mort de leur mère. Un portrait de famille profond et touchant, qui interroge les vertus thérapeutiques de l’art.


« Il est temps qu’on se parle, toi et moi. » De retour après des années d’absence, Gustav Borg (Stellan Skarsgård) n’entend pas seulement solder la vente de la maison où son ex-femme, tout juste disparue, et leurs deux filles ont vécu, attendant que le patriarche daigne endosser son rôle de père. Il espère, du moins l’assure-t-il, en profiter de pour se réconcilier avec ses enfants. Mais qu’est-il vraiment en droit d’exiger d’elles ?

 

À bonne distance

La maison au cœur de Valeur sentimentale, de Joachim Trier, sorte de pagode norvégienne aussi sombre à l’extérieur que lumineuse au-dedans, est bourrée de souvenirs. Des pans de vie tristes et gais, comme le sont ces demeures bourgeoises où le pire a été surmonté, et le meilleur bien souvent redouté, étant donné l’instabilité à laquelle il semble condamné à mener. La mère disparue – on ne la voit pas à l’écran –, ses filles Nora (Renate Reinsve, découverte dans Julie en 12 chapitres, du même auteur) et Agnès (Inga Ibsdotter Lilleaas) se chargent des détails pratiques. Comme dans la parabole biblique, mais en en inversant les rôles, le père prodigue refait surface après avoir quitté le foyer dans un grand éclat artistique : cinéaste de profession, séducteur autocentré, il avait évidemment mieux à faire que d’élever deux filles. 

Cet article est réservé aux abonnés