Hors-série "IA, le mythe du XXIe siècle"

Voulez-vous coucher avec l’IA ce soir ?

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Cet article est issu du Hors-série n°N°57 de Philosophie magazine « IA, le mythe du XXIe siècle », en kiosque le 11 mai 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Avoir des relations sexuelles avec un robot : l’idée paraît de moins en moins saugrenue à de plus en plus de personnes. Comment l’expliquer ? Et qu’est-ce que cela dit philosophiquement de notre époque ? Petit état des lieux.



En 2017, 17 % des Français se déclaraient prêts à coucher avec un robot. Fin 2022, une étude de Womanizer et Lucid révèle que 45 % des hommes et 28 % des femmes se disent tentés. Pour le philosophe canadien Dave Anctil et son collègue psychologue Simon Dubé, il n’y a là rien de très étonnant. De tels chiffres, analogues à ceux d’autres pays occidentaux, mettent en relief une mutation de notre expérience érotique, qui s’est sensiblement accélérée au moment de la pandémie de Covid-19. Celle-ci a renforcé le phénomène de ce que les chercheurs appellent la « technosexualité », soit l’intégration grandissante de la technologie à notre intimité. Jouets de plus en plus sophistiqués, applications de rencontre, pornographie en réalité virtuelle… tous ces éléments s’imposent progressivement à nous. L’isolement provoqué par les confinements et la publicité accrue de ces nouvelles pratiques et nouveaux objets ont de facto rendu envisageable une immixtion de la technique dans les chambres à coucher pour pallier la solitude ou intensifier les plaisirs.

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