“Walden” commenté par Alexandre Lacroix
Cabane donnant sur un étang brumeux © Vidar Kristiansen/Unsplash
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Cet article est issu du numéro 139 de Philosophie magazine « 139 - juin 2020 », en kiosque le 13 mai 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans cet extrait des dernières pages de “Walden ou La vie dans les bois”, Henry David Thoreau explique pourquoi il a quitté sa cabane et son lac pour revenir vers la ville. Car l’isolement volontaire ne fut pour lui qu’une parenthèse, et l’occasion d’une métamorphose.
L’extrait de Thoreau
« Je quittai les bois pour un aussi bon motif que j’y étais allé. Peut-être me sembla-t-il que j’avais plusieurs vies à vivre, et ne pouvais plus donner de temps à celle-là. C’est étonnant la facilité avec laquelle nous adoptons insensiblement une route et nous faisons à nous-mêmes un sentier battu. Je n’avais pas habité là qu’une semaine, que mes pieds tracèrent un chemin de ma porte au bord de l’étang […].
Grâce à mon expérience, j’appris du moins que si l’on avance hardiment dans la direction de ses rêves, et s’efforce de vivre la vie qu’on s’est imaginée, on sera payé de succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses en arrière, franchira une borne invisible ; des lois nouvelles, universelles, plus libérales, commenceront à s’établir autour et au dedans de nous ; ou les lois anciennes à s’élargir et s’interpréter en notre faveur dans un sens plus libéral, et on vivra en la licence d’un ordre d’êtres plus élevé. En proportion de la manière dont on simplifiera sa vie, les lois de l’univers paraîtront moins complexes, et la solitude ne sera pas solitude, ni la pauvreté, pauvreté, ni la faiblesse, faiblesse. »
Henry David Thoreau, Walden ou La vie dans les bois (1854, trad. fr. Louis Fabulet)
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