Regard

Yohann Elmaleh : “Le racisme est vertical, le communautarisme horizontal”

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© Céline Carez/LE PARISIEN/MAXPPP

En août 2016, baignade dans le bassin de La Villette (Paris) pour les enfants du quartier Crimée. © Céline Carez/Le Parisien/MAXPPP

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Racisme ou préférence communautaire ? La différence peut parfois être imperceptible. Originaire d’un quartier populaire de Paris, l’écrivain Yohann Elmaleh évoque la possibilité de se construire une identité qui échapperait aux déterminismes sociaux.

« J’ai grandi à Crimée, dans le XIXe arrondissement de Paris, un quartier où vivaient en majorité des Noirs et des Arabes. J’y étais le seul Juif, et un des rares Blancs. Mais il était assez rare qu’on me le rappelle. Avec mes camarades, nous nous entendions bien, nous étions des frères, et nous le sommes toujours. Ce que j’ai vécu, je ne peux pas vraiment l’appeler du racisme, mais plutôt du communautarisme. Quand le racisme implique un rapport de hiérarchie vertical entre des groupes de personnes, le communautarisme est une dynamique horizontale. Les groupes séparés se considèrent sur le même plan, sans qu’il y en ait un meilleur que l’autre, mais on y privilégie toujours son “frère”. 

“Quand on me disait : ‘Tu es le seul Juif que j’aime bien’, ça flattait mon ego, mais quelque chose en moi tiquait”

Yohann Elmaleh

C’est quelque chose que je pouvais ressentir dans de petites choses du quotidien, par exemple lorsqu’on composait des équipes pour jouer au foot. Naturellement, on se partageait entre Noirs et Arabes, sans vraiment que ce soit décidé à l’avance, et les Blancs et les Juifs comme moi allaient dans le camp des Arabes. C’est après le résultat du match qu’on pouvait assister à des remarques qui ont trait à ce que j’appellerais du racisme bienveillant. Par exemple : “Tu es le seul Juif que je connaisse qui sait jouer au foot”, ou “Tu es le seul juif que j’aime bien”. Ça flattait mon ego, mais quelque chose en moi tiquait. C’était une façon de me faire remarquer ma différence. 

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