La religion
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La religion est un système de croyance qui repose sur deux liens : « vertical » – avec un ou des dieux – et « horizontal » – avec une communauté d’hommes de foi. Si vous êtes croyant, la religion dépendra pour vous d’une révélation, sans quoi elle se confondrait avec la superstition ou la magie. Alors que le sorcier invoque les esprits, l’homme religieux se dit convoqué par son Dieu. Aussi, bien que l’appartenance ou non à une religion dépende le plus souvent d’une tradition familiale, elle est en son principe le résultat d’une conversion. La religion s’adresse donc à la liberté de l’individu qu’elle prétend respecter – elle n’est donc pas une secte. La philosophie, qui tente d’évaluer quelle est la part de la raison dans ce choix, distingue alors la religion naturelle, qui concerne tous les hommes dans leur capacité à interroger le divin, et la religion révélée, qui s’adresse à une communauté de foi particulière. Quant au lien « horizontal », il intéresse davantage la sociologie : jusqu’à quel point l’institution religieuse produit-elle du lien social ?
Exemples
Le sacrifice d’Isaac
Dans le premier livre de la Bible (la Genèse), Dieu promet à Abraham une longue descendance. Mais Sarah, sa femme, est stérile. Elle tombe pourtant enceinte et accouche d’Isaac. Plus tard, Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils unique. Ce commandement semble absurde : il contredit la promesse de la descendance. Cependant Abraham obéit : il immolerait Isaac, son propre fils, si un ange ne retenait son bras meurtrier. Kierkegaard, dans Crainte et Tremblement, déduit de cette histoire qu’Abraham est le modèle de l’homme de foi car il croit en dépit de sa raison ou plutôt : il croit « en vertu de l’absurde ».