Religion

Islamophobie : des origines aux débats

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Islamophobie : des origines aux débats

Banderole de tête de cortège lors d’une manifestation contre l'islamophobie à l’appel de plusieurs partis, syndicats et associations, à Paris, le 10 novembre 2019. © Martin Noda/Hans Lucas/Hans Lucas/AFP

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« Islamophobie » : le mot est sur toutes les bouches, des médias aux politiques en passant par les conversations privées. Tantôt critiqué parce qu’il interdit toute forme de critique d’une religion, tantôt défendu au motif qu’il souligne le racisme inhérent à ces critiques de la religion, le débat fait rage. Mais d’où vient ce terme et que recouvre-t-il ? 

 

D’où vient l’islamophobie ?

Si le terme s’est popularisé dans les années 1980, et plus encore dans les années 1990, la notion d’islamophobie apparaît en fait dès le début du XXe siècle. On le retrouve, notamment sous la plume d’Alain Quellien, fonctionnaire du ministère des Colonies, qui la définit comme « préjugé contre l’islam ». Il précise, dans La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française (1910) : « L’islamophobie – il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans. » 

Quellien précise toutefois, immédiatement, que « cette prévention contre l’Islam [est] un peu exagérée, le musulman n’est pas l’ennemi-né de l’Européen, mais il peut le devenir par suite de circonstances locales et notamment lorsqu’il résiste à la conquête à main armée ». Il se montre donc critique, avant l’heure, de la thèse du choc des civilisations – qui opposera, des décennies plus tard, des blocs culturels monolithiques essentialisés et définis en premier lieu par le facteur religieux. D’autres auteurs lui emboitent le pas : la même année, l’ethnologue Maurice Delafosse évoque la « férocité islamophobe » ; en 1925, les essayistes Étienne Dinet et Sliman ben Ibrahim dénoncent le « délire islamophobe » ; l’administrateur colonial Paul Marty parle, à la même époque, d’« islamophobie ambiante ». 

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