Les notions
L’inconscient
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L’inconscient désigne négativement ce qui s’oppose à la conscience, ce qui en est dépourvu (comme l’état de sommeil) et positivement l’appareil psychique que décrit la psychanalyse, et qui serait la cause de la plupart de nos comportements. Serait alors remise en question toute la tradition du « je » transparent à lui-même, conscient, maître de ses actes. L’inconscient pose deux problèmes : celui de sa connaissance possible (connaître l’inconscient, n’est-ce pas le déformer pour le rendre conscient ?) et celui de son pouvoir (si l’inconscient détermine mes actes, la liberté n’est-elle pas une fiction ?). Les adversaires de la psychanalyse la critiquent comme pseudoscience et comme fatalisme. La découverte de l’inconscient a néanmoins permis de réhabiliter le corps et le désir dans l’exercice de l’intelligence, et fourni une clé d’interprétation nouvelle des phénomènes culturels comme l’art ou la religion.
Exemples
La main de la femme séduite
Pour Sartre, nous ne coïncidons pas avec nous-mêmes et en jouons parfois jusqu’à nous duper. Une jeune femme a rendez-vous dans un café : tandis qu’elle discute, son prétendant lui prend la main. Laisser sa main, c’est consentir à devenir un objet de désir. La retirer, c’est risquer de n’être pas désirable. Elle « abandonne sa main mais ne s’aperçoit pas qu’elle l’abandonne » en parlant d’autre chose… Pour Sartre, il y a donc moins un inconscient qu’une conscience de mauvaise foi : une conscience qui « ne veut pas voir ».