Notre livre de 2016 : “La Vie intense”, de Tristan Garcia

Une recension de Clara Degiovanni, publié le

Le chocolat, les sports, les films, les spectacles, la sexualité, les êtres et les choses… Tout, aujourd’hui, doit être « plus intense ». Dans cette enquête intellectuelle et historique, qui va de Newton à Deleuze, en passant par Kant et Bergson, le philosophe Tristan Garcia plonge dans les racines de cet étourdissant désir d’intensité qui anime nos sociétés modernes, au point d’être devenu « l’éthos de l’humanité ». L’image qui domine cet ouvrage est celle du courant électrique, qui, depuis la fin du XVIIIe siècle, parcourt nos corps, stimule nos nerfs, décuple notre « sentiment d’être en vie ». Mais cet idéal moral de « l’homme intense » rencontre rapidement des limites, car la spécificité de l’intensité est de s’annuler elle-même, dès lors qu’on prend conscience de son existence. Pour alimenter « le brasier du corps et de l’esprit », nous redoublons donc nos efforts en multipliant les expériences excitantes et les premières fois mémorables. Pour échapper à l’épuisement, voire à l’auto-anéantissement, le philosophe suggère de réhabiliter la pensée : seule manière de « résister » à ce « vertige de l’affirmation de la vie ».

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