“Politiques du faire-monde”, de Philippe Descola : consulter les esprits pour (re)dessiner les frontières

Une recension de Philippe Garnier, publié le

Un territoire animiste peut-il être délimité par une frontière ? C’est le dilemme qui se pose aux Sarayaku, population amazonienne de l’Équateur. Ils définissent leur habitat comme une « forêt vivante », un tissu de relations entre humains et non-humains dont les limites spatiales ne sont pas tracées. Pour autant, ils n’ont pas renoncé à le délimiter en plantant à sa périphérie des arbres visibles depuis le ciel. Ils acceptent ainsi un compromis avec la pensée « naturaliste » moderne et occidentale, qui sépare l’humain du non-humain et considère un espace comme circonscrit et exploitable. 

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