Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
« La folie a parfois une sorte de clairvoyance concernant la raison que la raison ne lui pardonne jamais. Jamais », écrit Dimitri Bortnikov. Qu’est-ce qui, dans le Tombeau de Parsifal, met en danger la raison du narrateur ? Quels sont les spectres qui remontent de son passé ? Né en Russie, confronté aux années chaotiques de l’ère post-soviétique, puis devenu français, ce narrateur a connu la solitude et la pauvreté. Vingt ans après avoir quitté son pays natal, il revient sur les lieux de son enfance pour faire la lumière sur la disparition de sa mère. Au fil de cette quête, de cette errance, les souvenirs le submergent et les démons le tourmentent. Joies et blessures remontent à la surface avec la magie des paysages et d’intenses figures de femmes. Il cherche à élucider la mort de cette mère dont on a découvert le visage dévoré par les chiens. Il ne trouve qu’une ville muette et méfiante, quelques traces à moitié effacées. Il comprend que la faute repose sur la communauté tout entière, avec ses silences et ses lâchetés. Même le paysage porte en lui une violence diffuse. Le désir de vengeance fait alors place au lien avec les disparus. Mais résumer ainsi le Tombeau de Parsifal, c’est prendre le risque de le trahir. La lecture de ce roman procure une sorte de vertige. Cette descente aux enfers est aussi l’introspection d’un fou clairvoyant. C’est un chant d’amour éperdu allié à une irrésistible bouffonnerie. Selon Dimitri Bortnikov, « la langue russe est un knout, la langue française un fleuret ». Né en 1968 en URSS, cet écrivain a traversé plusieurs vies et plusieurs langues. Maniant le knout et le fleuret, il a forgé en français une écriture d’une rare intensité. Plutôt que d’une « âme russe » cachée dans la langue française, mieux vaut parler ici d’un démon intérieur aux multiples voix, capable d’exécration et de célébration, de tragédie et de facétie, de désespoir et d’enchantement.
« Être libre, c’est faire ce que l’on veut ! » Cette définition de la liberté semble si évidente qu’on en oublie les difficultés qu’elle…
Un fantôme du passé revient nous hanter. La revue Antiquity a publié le mois dernier le résultat d’une enquête scientifique longue d’un demi-siècle. L’enjeu…
La tombe de Romulus, le fondateur semi-légendaire de Rome, a sans doute été découverte ! Ou, de fait, plutôt redécouverte : le « sarcophage de tuf d…
J’ai emménagé seul l’été après le bac, juste avant mes 18 ans. C’était la première fois que je me trouvais en autonomie complète. En plein mois d’août, Paris était désert, et j’avais des démarches nouvelles à accomplir, qui me paraissaient…
Franck était posé tous les week-ends au comptoir. Il buvait son café, lisait Libé, les pages culture surtout, plus étoffées le samedi, commentait un nouveau…
Philosopher, c’est apprendre à mourir, nous dit Platon. Or cela ne signifie pas nous mortifier. Car, pour nous soucier de notre âme, nous devons…
L’extrait de Platon « PHÈDRE : Qu’il est beau le divertissement dont tu parles, Socrate, en regard de la médiocrité des autres, celui de l’homme capable de se divertir en fabriquant des discours qui racontent des mythes sur la justice et…