“Voir le monde autrement”, de Michel Terestchenko : vibrer avec les aveugles

Une recension de Octave Larmagnac-Matheron, publié le

De la cécité, la plupart des voyants ne savent « à peu près rien ». Leur regard ignorant réduit en général l’existence des aveugles et déficients visuels à une vie amputée. C’est contre cette vision – source de souffrance souvent intériorisée par les personnes non- ou malvoyantes – qu’écrit Michel Terestchenko. Doté lui-même d’yeux fonctionnels, il explore la non-voyance en s’appuyant « uniquement » sur des ouvrages d’aveugles et sur les réflexions des aveugles avec lesquels il a noué pendant des années des liens. Le philosophe prend soin de montrer la diversité des conditions que le mot de cécité recouvre. L’aveugle de naissance ne vit pas la même chose que l’individu devenu aveugle, même si les deux rencontrent des difficultés semblables face à un monde souvent inhospitalier. 

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