Abha Dawesar. L’Inde galante
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Cet article est issu du numéro 12 de Philosophie magazine « 12 - septembre 2007 », en kiosque le 23 août 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Bercée de contes hindous, passée par la haute finance, cette romancière sans tabous use de la philo pour évoquer sa terre natale, loin des clichés bollywoodiens.
Abha Dawesar est un mélange désarmant de sérieux et de franchise. Cet écrivain de 33 ans dynamite les règles de bienséance d’une société indienne traditionnellement hiérarchisée. Avec Babyji, la bouillonnante héroïne de son roman éponyme, elle a en commun une liberté de ton, nourrie d’un goût prononcé pour les études. Le reste n’est que fiction, dit-elle. Sa studieuse Lolita collectionne les aventures homosexuelles. Entourée d’une femme divorcée, de sa bonne et d’une camarade de classe, elle mène une valse érotique où âges et -castes s’enlacent dans l’Inde des années 1990. Abha Dawesar se souvient, elle, d’avoir été une enfant introvertie et angoissée, moins poussée à l’action qu’à la réflexion. « J’ai passé les sept premières années de ma vie au lit, assaillie par diverses maladies », raconte cette fille unique de deux médecins. Sa grand-mère autodidacte la berçait de contes hindous et de mythologie, sans parvenir à apaiser ses angoisses nocturnes. « Très jeune, j’aimais des personnes âgées, sachant qu’elles allaient mourir. Le bien et le mal, la vie et la mort, j’y réfléchis depuis mon enfance. Je n’ai pas dormi la nuit, de mes 3 ans à mes 18 ans, en pensant à ces questions. »