La notion
“Accélérationnisme”
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Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Fin novembre, à Montauban, la police arrêtait deux hommes, accusés d’attiser les tensions intercommunautaires par des discours haineux, racistes et xénophobes. Classés parmi l’ultradroite, ils appartenaient à la mouvance accélérationiste, qui vise à précipiter l’éclatement d’une guerre civile jugée inévitable et censée purger la France de ses « éléments étrangers ». Une plongée dans le chaos pour rétablir l’ordre, qui s’inscrit dans une stratégie globale. Comme le résume l’essayiste Cassie Miller dans son article paru en 2020 sur le site du Southern Poverty Law Center, « There Is No Political Solution: Accelerationism in the White Power Movement » (2020) : « Le cadre accélérationniste considère que la société moderne ne peut être sauvée et veut la pousser à l’écroulement pour la remplacer par une société fasciste fondée sur l’ethno-nationalisme. » Le concept d’accélérationnisme proprement dit a été popularisé par le philosophe britannique Benjamin Noys en 2010. Et il désignait une tout autre stratégie politique ! Il s’agit, pour les courants de la gauche radicale qui s’en revendiquent, d’intensifier le capitalisme afin qu’il s’effondre sous le poids de ses contradictions, misant sur le progrès technologique pour faire advenir une société « postcapitaliste ».