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Écosse : un nationalisme cosmopolite ?

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Écosse : un nationalisme cosmopolite ?

Manifestation anti-Brexit à l'extérieur de Holyrood, siège du parlement écossais, à Édimbourg, le 31 janvier 2020. © Robert Perry/Getty Images/AFP

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Le Brexit a eu pour effet collatéral de renforcer le nationalisme des Écossais, qui réclament, de plus en plus, leur indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni. Ce nationalisme ne rime pourtant pas avec un repli sur soi : c’est en effet pour réintégrer l’Union européenne que les Écossais défendent leur émancipation. Comment expliquer cet étrange nationalisme qui, contrairement aux images d’Épinal, s’adosse au progressisme et au cosmopolitisme ?

 

Après que le Royaume-Uni a finalement quitté l’Union européenne le 1er janvier dernier, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a réaffirmé son intention de lancer un nouveau référendum sur l’indépendance. Certes, lors de la précédente consultation en 2014, la majorité s’était exprimé en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni. Mais Sturgeon peut s’appuyer sur les actuelles enquêtes d’opinion, qui semblent indiquer qu’une majorité d’Écossais voterait aujourd’hui pour l’indépendance. Une inflexion en partie liée à l’effet Brexit : de nombreux Écossais – familles, hommes en kilt portant des cornemuses, jeunes arborant le drapeau européen, motards et seniors – ont manifesté dans les rues d’Édimbourg ou de Glasgow au cours du processus de sortie de l’UE pour exprimer leur mécontentement face au gouvernement britannique. Étrange nationalisme, qui tranche avec la représentation classique d’une idéologie traditionnellement nourrie par les valeurs de la droite conservatrice. 

Ce retour à l’État-nation est d’autant plus surprenant qu’il contredit ce que les théoriciens politiques affirment depuis des années : l’État-nation n’est plus à la hauteur des défis du XXIe siècle. La philosophe turco-américaine Seyla Benhabib s’est intéressée à cette évolution en affirmant que la conception de « souveraineté westphalienne » est obsolète. Cette conception tire son nom du traité de paix de Westphalie, en1648, qui met fin à la guerre de Trente Ans. Dans l’ordre westphalien, qui a façonné la modernité politique, les États exercent leurs pouvoirs régaliens sur un territoire clairement délimité, qui correspond, au moins théoriquement, au territoire habité par une nation. Dans cet espace juridique délimité, ils assurent l’égalité des citoyens et le bien-être social. 

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