Euro 2021

L’Angleterre, une “communauté imaginée” à travers onze footballeurs

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Un supporter de l’équipe d’Angleterre de football arborant sur son visage la croix de saint Georges lors de la demi-finale de l’Euro 2021 face au Danemark, le 7 juillet 2021 au stade londonien de Wembley

Un supporter de l’équipe d’Angleterre de football arborant sur son visage la croix de saint Georges lors de la demi-finale de l’Euro 2021 face au Danemark, le 7 juillet 2021 au stade londonien de Wembley. © Frank Augstein/Pool/AFP

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Alors qu’elle s’apprête à jouer la finale du championnat d’Europe de football contre l’Italie dimanche, l’équipe d’Angleterre – principale entité d’un pays qui a quitté l’Europe avec le Brexit –, exalte une « communauté imaginée » où chacun connaît chacun. Qu’est-ce que cela dit de l’Angleterre d’aujourd’hui ?

 

La notion de « communauté imaginée » a été théorisée par l’historien irlandais Benedict Anderson : « imaginée, car même les membres de la plus petite nation ne connaîtront pas la plupart de leurs compatriotes, ne les rencontreront pas, n’entendront même jamais parler d’eux, et que pourtant dans l’esprit de chacun d’entre eux vit l’image de leur communion. » Un autre historien, marxiste, Eric Hobsbawm, applique cette idée au football dans son ouvrage Nations et Nationalisme depuis 1780. Programme, mythe, réalité (1991), à l’orée d’une décennie qui va marquer un profond changement pour ce sport en Angleterre, après des années 1980 marquées par les exactions des hooligans. 

En 1996, le pays accueille pour la première fois le championnat d’Europe de football, trente ans après avoir gagné sa seule Coupe du monde à domicile. À cette occasion, le musicien Ian Broudie et les comédiens David Baddiel et Frank Skinner imaginent Three Lions, un hymne pop accrocheur et fédérateur qui joue, avec une autodérision toute britannique, sur trente ans d’échecs honteux ou sur le fil (« Tellement de blagues, tellement de ricanements / Et tous ces “On y était presque” qui t’ont miné pendant des années »), mais clame la fierté de voir le football « revenir à la maison », là où il a été codifié au XIXe siècle. 

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