Le match
Est-il juste que les sportifs gagnent des millions ? John Rawls vs. Robert Nozick
John Rawls - Robert Nozick. ©Basso Cannarsa/opale.photo - ©The Harvard gazette
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 199 de Philosophie magazine « À qui appartient mon temps ? », en kiosque le 29 avril 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Certains footballeurs ou basketteurs jonglent avec les sommes faramineuses autant qu’avec le ballon. Rémunération méritée ou inégalité flagrante ? Sur cette question, deux philosophes, le libéral John Rawls et le libertarien Robert Nozick, se sont affrontés. À vous d’arbitrer le débat !
Premier round : Rawls tacle l’idée de mérite
Les salaires exorbitants de certains sportifs professionnels reposent sur une illusion : celle du mérite. Certes, leurs performances impressionnent. Mais sur quoi reposent-elles ? Sur des talents naturels – vitesse, coordination, puissance… – que personne n’a choisis. En effet, nous ne méritons pas plus nos dons naturels que notre héritage. Dans son livre Théorie de la justice (1971), Rawls est catégorique : « Il n’y a pas plus de raison de permettre que la répartition des revenus et de la richesse soit fixée par la répartition des atouts naturels que par le hasard social ou historique. » On ne peut donc pas justifier un écart significatif de richesses sur la base de différences dans la distribution des talents.