Vikash Dhorasoo: “Perdre un match ne signifie pas qu’on l’a raté”

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Vikash Dhorasoo: “Perdre un match ne signifie pas qu’on l’a raté”

Vikash Dhorasoo en 2013 (cc) World Poker Tour / Flickr

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Cet article est issu du numéro 91 de Philosophie magazine « Comment ne pas passer à côté de sa vie ? », en kiosque le 02 juillet 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ex-footballeur international français, deux fois champion de France, il est à l’origine du collectif Tatane, qui défend un football populaire, joyeux et durable « comme une splendide défaite ».

« J’en ai raté des matchs ! Mais il m’est arrivé d’en rater sans passer à côté. Je m’explique. J’ai échoué contre des équipes plus fortes que moi ou que la mienne. À la différence des sports individuels, le football laisse la possibilité d’être mis en échec par un adversaire. Un sprinter n’a personne en face de lui qui essaie de l’empêcher. S’il rate son coup, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Au foot, on a beau bien jouer, si l’adversaire est meilleur, il prend le dessus et on perd. On peut pourtant avoir mené un bon jeu, avoir été très présent, voire décisif. Si bien que perdre ne signifie pas passer à côté de son match ; inversement, gagner ne signifie pas automatiquement ne pas passer à côté d’un match. J’ai ainsi eu le sentiment, parfois, d’être ailleurs, indépendamment de mes performances, d’errer littéralement sur le terrain, notamment lorsque je jouais au Parc des Princes, pour le Paris-Saint-Germain, dans ce stade qui m’inhibait et me stressait. Il m’est arrivé de sentir que mes coéquipiers n’avaient plus confiance en moi, qu’ils n’avaient plus envie de me passer la balle ou qu’ils m’évitaient d’une certaine manière. Rétrospectivement, je peux même dire que je suis complètement passé à côté de cette saison ! Ce décalage provient aussi de l’extérieur, comme lorsqu’on a l’impression de remplir son rôle, d’appliquer les consignes et la stratégie, sans savoir que l’entraîneur attend tout autre chose. En fait, pour ne pas passer à côté d’un match, d’un tournoi, d’une saison… il faut apprendre à jouer avec les attentes de l’entraîneur, avec celles des coéquipiers et avec les siennes, et à relativiser beaucoup.

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