Mondial de foot, des jeux sacrés ?

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Mondial de foot, des jeux sacrés ?

(cc) Jesús León / Flickr

Nietzsche avait-il raison lorsqu’il prédisait le retour des “jeux sacrés” après la “mort de Dieu” ? Explication avec Alexandre Lacroix, sur le plateau du Soir 3, alors que la Coupe du monde de football en Russie bat son plein.

Avec le Mondial de football, nous assistons à un rituel étrange de communion entre amis ou dans les bars, autour d’un écran, dans une effervescence rare. « Nous en  sommes en train de redevenir des païens, avance notre directeur de la rédaction, dans le Soir 3 de France 3. Avec ce mondial de football, nous revivons les grandes heures de l’Antiquité ».

Reprenons. Dans l’Antiquité, la vénération du corps se manifeste avec l’invention des jeux Olympiques, et même les philosophes sont pris dans cette culture du corps. Faut-il rappeler que Socrate va le matin au gymnase ou que Platon est en réalité un surnom qui signifie : « aux larges épaules ». Avec le succès du christianisme, un bouleversement a lieu : tous les rituels païens sont interdits et la répression du corps devient la règle.

Pour Alexandre Lacroix, le « reflux de la religion chrétienne a permis un nouvel essor du sport et des cérémonies sportives ». Nietzsche, dont on a tous retenu cette aphorisme : « Dieu est mort » sans jamais préciser la suite, a d’ailleurs fait une prophétie : nous allons devoir inventer de nouveau jeux sacrés. « Dieu est mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d’inventer ? » écrit-il dans Le Gai Savoir. Qu’est-ce que le Mondial sinon la messe d’un monde sans dieu ?