Danse
Ainsi se dansait Nietzsche
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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
À 80 ans, le chorégraphe Maurice Béjart crée Zarathoustra, chant de la danse. Le ballet, pendant solaire du spectacle butô de Carlotta Ikeda et Ko Murobushi, Zarathoustra Variations, tend à l’unité du corps et de l’esprit.
Avec Zarathoustra, le chant de la danse (1), Maurice Béjart signe, à 80 ans, un ballet qui est comme l’épilogue d’une saga dansante commencée à la fin des années 1950. Dans les années 1960, il a été celui qui, en Europe, a affranchi le corps dansant des carcans du ballet classique. Sa Messe pour le temps présent, créée en 1967 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon, préfigurait bien des soubresauts à venir. « Il libère de la croyance habituellement entretenue que les danseurs sont des êtres à part. [...] Le dernier ballet de Béjart est une glorification du corps humain, hymne à l’homme vivant, à ses muscles, à sa voix, à son rire, à son silence », lisait-on alors dans Le Monde. Cet appel à une souveraine liberté d’être, on allait la retrouver un an plus tard, dans la fièvre contestataire de Mai 68.