L'anthropologue Maurice Godelier primé pour son “Lévi-Strauss”

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L'anthropologue Maurice Godelier primé pour son “Lévi-Strauss”

Maurice Godelier en 1977 (cc) Wikimedia Commons

L’anthropologue Maurice Godelier a reçu le pris de la Fondation Martine-Aublet au musée du Quai-Branly, le 3 mars 2014, pour son ouvrage “Lévi-Strauss” (Seuil, 2013).

Né en 1934, Maurice Godelier, agrégé de philosophie licencié en psychologie et en lettres modernes, entre cacique à l’École normale supérieure, puis il travaille auprès de Fernand Braudel à l’École pratique des hautes études avant de devenir maître-assistant de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d’anthropologie au Collège de France.

L'anthropologue adopte la méthode structurale héritée de son maître, à laquelle il adjoint une approche marxiste. Intéressé par l'économie, il publie dès 1966 un ouvrage consacré à la notion de Rationalité et Irrationalité en économie (Maspero). Il est considéré comme l'un des fondateurs de l'anthropologie économique. Maurice Godelier poursuit ses recherches en Océanie, où il vit entre 1967 et 1988 parmi les Baruya; il consacre à cette tribu de Nouvelle-Guinée de nombreuses enquêtes de terrain. 

Le chercheur s'investit également dans la politique scientifique en participant notamment à la réforme de la recherche en sciences humaines et sociales au Centre national de la recherche scientifique. Il réunit l’ensemble des disciplines et tire de ces rencontres deux volumes: Les Sciences de l'Homme et de la Société en France. Analyse et propositions pour une politique nouvelle (La Documentation française, 1982).

Il devient directeur du Musée de l’homme en 1997 et le reste jusqu’en 2000. Le CNRS lui décerne sa médaille d’or l’année suivante pour l’ensemble de son œuvre ; elle comprend notamment :

La Production des grands hommes. Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée (Fayard, 1982), L’Énigme du don (Fayard, 1997), Métamorphose de la parenté (Fayard, 2004) et Au fondement des sociétés humaines. Ce que nous apprend l’anthropologie (Albin Michel, 2007).

Son dernier ouvrage paru est Lévi-Strauss (Seuil, 2013), pour lequel il reçoit le second prix de la Fondation Martine-Aublet, après sa collègue Françoise Héritier, l’an passé.

D’un montant de 20 000 euros, le prix de la Fondation Martine-Aublet est décerné chaque année, en collaboration avec le musée du Quai-Branly, à une personnalité scientifique contribuant à la connaissance des cultures et des civilisations non-occidentales.