Albert Camus, l'indécis
Albert Camus. © Agip/ Bridgeman
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Cet article est issu du Hors-série n°69 de Philosophie magazine « Philosophes résistants », en kiosque le 13 mai 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Certains penseurs se sont engagés très tôt dans la Résistance. Ce n’est pas le cas d’Albert Camus, qui rejoint ses rangs assez tard, fin 1943, pour prendre part au journal Combat. Un engagement qui nourrit sa pensée de la révolte.
« J’ai commencé la guerre de 1939 en pacifiste et je l’ai finie en résistant. Cette inconséquence m’a rendu plus modeste. » L’entrée de Camus dans la lutte contre l’occupation allemande est tardive. Au début de la guerre, le philosophe veut être enrôlé, mais, fragilisé par une ancienne tuberculose, il n’est pas mobilisé. Après l’interdiction d’Alger républicain, journal auquel il collaborait, Camus retrouve l’écrivain Pascal Pia à Paris et commence à travailler pour le quotidien Paris-Soir. Il regagne un temps l’Algérie avant de rejoindre, à nouveau, la métropole. Pendant cette période, il se consacre notamment à l’écriture : il parachève L’Étranger, rédige Le Mythe de Sisyphe, commence La Peste. Un événement de décembre 1941 le conduit vers la Résistance : l’exécution du résistant communiste Gabriel Péri, qui provoque en lui « une vague de révolte » : « Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. » Il faut « aborder […] de front la réalité historique ». Camus est, à cette période, installé « à [son] corps défendant » dans le Massif central. Quand les forces alliées débarquent en Afrique du Nord en 1942, il envisage de rejoindre Oran pour prendre part à la lutte. Toujours en mauvaise santé, il ne peut s’engager. En juillet paraît la première des lettres qui deviendront ses Lettres à un ami allemand.