Albert Palma : « Nul n’entre au dojo s’il n’est géomètre »
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Cet article est issu du numéro 32 de Philosophie magazine « 32 - septembre 2009 », en kiosque le 27 août 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les arts martiaux permettent à la pensée de s’épurer et d’aller plus loin. Artiste singulier initié à la pratique, non violente, du shintaïdo, Albert Palma témoigne.
Les arts martiaux, trop souvent considérés comme un sport exotique, relèvent selon vous d’une « quête philosophique, spirituelle, artistique et scientifique ». Plus précisément ?
Le psychanalyste Charles Baudouin parle en fait de la même chose lorsque, empruntant partiellement à Platon, il forge le terme de « psychagogie » pour désigner « la science des méthodes de conduite ». Je transpose d’ailleurs volontiers au dojo le fameux précepte platonicien qui orne le fronton de l’académie : « nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». Car ce dont il s’agit, c’est de renouer avec la géométrie intérieure de notre schéma corporel, dont les lois nous régulent, nous limitent et nous ouvrent aussi à d’autres mondes. Et le lien entre ce schéma du corps revivifié et le sens géométrique se rétablit par l’apprentissage du geste juste. À partir de là, de grandes architectures deviennent envisageables.