États-Unis / Politique

Alexia Blin : “Une partie des démocrates américains refuse d’abandonner les joies de la société de consommation à la droite”

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Alexia Blin : “Une partie des démocrates américains refuse d’abandonner les joies de la société de consommation à la droite”

Alexia Blin. ©Collection particulière

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Cet article est issu du numéro 193 de Philosophie magazine « À quel moment je m'engage ? », en kiosque le 25 septembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Aux États-Unis, l’essai Abundance (non traduit) signé par les journalistes Derek Thompson et Ezra Klein suscite l’intérêt chez certains démocrates, qui cherchent à recentrer le parti autour de cet idéal. Nous avons demandé à l’historienne Alexia Blin, dont l’essai À l’assaut de l’abondance sort ce mois-ci, de nous expliquer ce repositionnement idéologique.

 

Pourquoi la notion d’abondance est-elle longtemps demeurée taboue pour une partie de la gauche ?

Alexia Blin : Traditionnellement, il existe à gauche une méfiance vis-à-vis de la consommation, en particulier lorsqu’elle vise l’accumulation infinie. Au XIXe siècle apparaissent des communautés utopiques qui prônent l’ascétisme, que ce soit en France, en Angleterre mais aussi aux États-Unis, où des groupes se forment autour de penseurs européens du communisme comme Étienne Cabet. Au XXe siècle, elle est influencée par l’École de Francfort et sa critique de la société de consommation, qu’un Herbert Marcuse va jusqu’à qualifier de « totalitarisme ». Hier, on reprochait à la consommation d’exploiter les ouvriers, aujourd’hui, de détruire la planète. C’est pourquoi les démocrates qui ont écrit ce livre se définissent comme antisocialistes : ils jugent archaïque ce socialisme de la frugalité, qu’ils décrivent de manière caricaturale comme rejetant absolument le progrès et le bien-être.

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